18 mars 2007
♦ La cité interdite

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La fiche
7,5 / 10
Spectacular, spectacular ...
Un film de ... Zhang Yimou
14 Mars 2007
Avec ... Gong Li, L'impératrice
Chow Yun-fat, L'empereur
Jay Chou, Le princr Jai
Li Man, Chan
etc ...
Synopsis ... Chine, Xème siècle, Dynastie Tang. L'empereur s'apprête à revenir dans la Cité Interdite après une longue absence. Son retour est le point de départ d'une longue série de réactions en chaîne. L'impératrice, qui entretient une liaison interdite avec son beau-fils découvre que son roi l'empoisonne chaque jour un peu plus en vue de la faire disparaître. Elle décide de décide de mettre en application un coup d’Etat échafaudé depuis des années avec les cartes qui lui sont données.
" What I do not give, you must never take by force." L'empereur
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Alors ?
Grandiose, bluffant, éblouissant de couleurs et de pureté saturée. Le dernier Yimou est un véritable kaléidoscope. Un terrifiant kaléidoscope, tant les couleurs sont nombreuses et le détail paufiné jusqu'à l'étouffement. Le ciel se fait rare, et voici un palais de couloirs en arcs-en ciels, en toiles, en feutres et en beauté sans cesse dans le vacillement. La cité Interdite de Gong Li ( 2046, Mémoires d'une Geisha ... ) et Chow Yun-fat ( Anna et le roi, Tigre et dragon ... )- impeccables - est un étouffement. De noblesse, de droiture et de rage. La violence est dans cette rudeté de l'image, dans la somptuosité des étoffes et la froideur des visages.

L'histoire, fictive, qui se déroule dans la période politique la plus chaotique de la dynastie Tang, n'est qu'un prétexte au visuel. Toujours. En effet, la synopsis avoue déjà tout du film : complots, trahisons, mort et haine, haine violente qui parcourt les veines, qui se déploie, s'étend, se saigne à blanc. Elle n'est pas révolutionnaire, cette histoire. Elle est simplement là, parfois trop lourde, parfois trop lente, faible, au final, en comparaison avec l'image percutante, grandiose. L'histoire. Elle sert l'éternelle tension des luttes, luttes des couleurs ( bataille ), lutte des personnages, qui implose parfois. Une fois exprimée la rage révolutionnaire et le désir de changement, elle s'efface, se "range", s'oublie.

Les acteurs la parcourent, la font vivre, du mieux qu'ils peuvent. Et cela reste magnifique, bien que distant par moment. Il n'est pas question ici d'attachement à certains protagonistes ou à une tragédie sous fond d'empire éclatant de soleil. Man cheng jin huang jin jia, ou La malédiction du chrysanthème est l'histoire d'une beauté qui s'éternise dans la glaciale réalité de la haine réprimée et qui éclate, somptueuse, immense. Champs de chrysanthèmes étouffés par de hautes murailles, perfection de Gong Li, de Jay Chou, de Chow Yun-Fat, dévoilée par de magnifiques plans fixes sur les visages encadrés de longs cheveux noirs.

La danse du film est millimitrée, orchestrée parfaitement, de lignes, de courbes, de feu et d'une musique lourde de sens. Bien sûr restent les classiques du genre, la lourdeur de certains clichés et plans moins inspirés, d'une histoire trop simple. Bien sûr, la scène de bataille semble parfois risible, comme dans ces plans lents sur le prince Jai, en demi-teinte. Mais si l'on sait apprécier le reste, La cité interdite demeure un film puissant de par sa beauté visuelle, poussé à l'extrême d'un esthétisme qui vous colle à la rétine. L'empereur, l'impératrice. La somptuosité d'un monde oublié, dont la beauté nous fascine encore, et revit parfois dans quelques films maitrisés. C'est le cas de cette fleur dorée donnée par Zhang Yimou.

Bien sûr, mieux vaut aimer le genre pour en apprécier toute sa valeur. A ceux qui ont peur de s'ennuyer rien qu'à la vue du sujet ou de la bande annonce, ce film reste à déconseiler même si l'on peut avoir de merveilleuses surprises en forçant parfois un peu sa nature. ;)
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En bref
Les +
- Les costumes
- Les décors
- Gong Li
- Chow Yun-Fat
- Jay Chou
- La musique
Les -
- L'histoire trop minces par moments
- Certains passages de la "bataille"
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En plus
16 mars 2007
♪ The Dresden Dolls

The
Dresden Dolls ... Amanda Palmer et Brian Viglione ... Ces poupées de
Dresde nous arrivent tout droit de Boston. Formé en 2001, ce groupe
possède déjà l'étoffe et la profondeur que beaucoup d'autres
recherchent durant de longues années sans jamais en trouver une miette.
Car The Dresden Dolls, c'est avant tout un univers complétement déjanté
servi par un rock ahurissant lorgnant du côté du punk et de beaucoup
d'autres genres. L'originalité et la force de ses deux membres font de
ce groupe un véritable petit ovni audio et visuel à l'univers
foisonnant, festif et éclectique.
La voix d'Amanda, puissante et
magnifiquement polymorphe, le jeu de batterie, épuré mais enflammé de
Brian, ainsi que les paroles réellement travaillées de leurs albums
constituent la base d'un groupe qui se veut énergique, polyvalent et
unique. Se réclamant du brechtian punk cabaret, les deux comparses
assurent un spectacle continu et riche en couleurs, tels de vrais mimes
aux maquillages de pierrots tristes et aux collants rayés.

Les Dresden Dolls ont su se créer une identité musicale et visuelle unique ( humm... ça fait pas un peu trop M6 ça ? ), délaissant la guitare pour le piano et la batterie, et contribuant à offrir à ceux qui s'en sentent, une réelle claque qui vous fait revoir à la hausse certaines définition préconçues du mot "artiste". Et ça, ça fait vraiment du bien.
Et parce qu'il vaut mieux écouter, voir, plutôt que lire, vous pouvez profiter de quelques uns de leurs délires musicaux sur leur myspace ( vraiment, ça sert ces bêtes là ... ) ou encore regarder cette petite vidéo qui illustre la chanson Coin-Operated-Boy de leur premier album éponyme. Assez déjanté. Forcément.
● A venir - Black Snake Moan

De : Craig Bewer | Avec : Christina Ricci, Samuel L. Jackson ... Sortie : 21 Mai 07
... Ou littérallement, Le gémissement du serpent noir.
" Le blues a toujours fait partie de Lazarus. Jadis, dans sa bourgade du
Tennessee, il en jouait en virtuose chaque week-end pour faire danser
les couples. Dix ans ont passé, Lazarus s'est marié, s'est rangé, a
abandonné la musique, s'est laissé piéger par la routine, s'est fait
plaquer. Un puissant désir de revanche, un vif ressentiment à l'égard
de celle qui l'a trahi, des élans de violence incontrôlés, des rêves de
plus en plus sombres composent désormais son quotidien.
Un
matin, Lazarus découvre aux abords de sa ferme le corps à demi nu d'une
fille couverte d'ecchymoses et laissée pour morte au milieu de la route.
C'est Rae, que chacun connaît dans cette petite ville, et dont la
plupart des hommes du coin ont profité. "Une traînée", dit d'elle sa
mère, qui n'eut pas le courage de la protéger d'un père incestueux et
assista indifférente à sa précoce descente aux enfers...Capricieuse,
indisciplinée et amatrice de produits illicites, la jeune fille qui
répond au doux nom de Rae ne cesse de mettre sa vie en danger. Le vieil homme décide alors de l’enchaîner pour mieux la soigner. "
Tarantinesque ? Non, vraiment ... :D
25 février 2007
¤ Scrubs

[ ScrubS ]
Zach Braff, Sarah Chalke, Donald Faison, Judy Reyes, etc ...
Entre les petits et les gros bobos, l'internat de trois jeunes chirurgiens en devenir à l'hôpital Sacré-Coeur. Rires assurés entre gaffes cultes et vannes décapantes.

Scrubs, c'est le mélange idéal de Grey's Anatomy à la sauce Friends saupoudré d'un soupçon d'Ally McBeal. Ben oui, je répète ce que tout le monde dit, mais après tout c'est bien la vérité. Scrubs est drôle. Bien plus que drôle. Hilarant. A l'heure où les divertissements dignes de ce nom se comptent sur les doigts d'une main, Scrubs se révèle être un parfait répulsif à l'ennui et à la déprime du samedi soir. Ou plutôt du vendredi.
J'ai découvert cette série par hasard, un soir où je harcelais de zappage ma pauvre petite télécommande innocente, victime d'une insomnie récurrente. Résultat, 22 minutes à me demander ce que cet ovni faisait sur une chaîne comme m6. Depuis, impossible de décrocher du sourire et des manies de Sarah Chalke ou du charme teinté de maladresse de Zach Braff. Sans parler des autres personnages, ébouriffants. Comment en détester un seul quand l'humour est aussi grinçant et déjanté ?
L'esprit d'ensemble est tout simplement génial, frais et parfaitement représentatif de nos petits délires solos, de nos blagues pourris, mais aussi de quelques moments plus sérieux, où les turbulences s'estompent pour laisser parler une véritable sincérité des acteurs et du scénario. De plus, et ce n'est pas peu dire, le tout bénéficie d'une très bonne petite b.o. Bref, rien de tel pour se remonter le moral.
...
Ah et puis parce que ça fait du bien de se battre
contre les moulins : merci à m6 pour cette diffusion si génialement
axée sur les heures de pointe télévisuelles. Ce n'est pas comme s'ils
en étaient à la sixième saison, là-bas,en Amérique. Ah, ironie, quand
tu nous tiens. Et merci à Adr pour le lien de la photo ( plutôt pas mal au passage. )
...
19 février 2007
● Can't wait to watch : Fevrier Mars 07
...
Parfois, attendre, c'est bien joli, mais c'est aussi terriblement frustrant.
Films que je suis impatiente de voir au cinéma...
De pouvoir rattraper...
Ou même de louer peut-être au vidéostore du coin...
Toute suggestion est la bienvenue :)
Ceux qui arrivent...
- Azuloscurocasinegro - 28 Février
De Daniel Sanchez Aravelo, avec Quim Gutiérrez, Marta Ettura, antonio de la Torre ...
Jorge, malgré un master de gestion, a dû reprendre le travail de concierge de son père handicapé et s’occuper de lui à plein temps. Son frère aîné, Antonio, est en prison. Natalie, la fille qu’il aime depuis l’enfance, est revenue vivre dans l’immeuble. Son meilleur ami, Israël, passe son temps sur le toit à espionner les voisins découvrant ainsi que son propre père fréquente le salon de massages coquins d’en face. Tout bascule pour Jorge quand Antonio, sorti de prison, lui demande un étrange service : mettre enceinte, à sa place, Paula, sa petite amie restée en prison...
-->> Un film qui semble dans la lignée d'un Head-On. Autant dire que ce n'est pas rien. Les images et le scénario sont prometteurs en tout cas. Et puis, bon feeling avec les idées et le titre " Azul Oscuro Casi Negro " qui signifie littéralement " bleu sombre presque noir " : tout un programme ...
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- Chronique d'un scandale - 28 Février
De Richard Eyre, avec Judi Dench et Cate Blanchett.Enseignante dans une école secondaire de Londres, Barbara Covett, rencontre Sheba Hart, la nouvelle prof d’arts plastiques, avec qui elle se lie d’amitié. Peu après, Barbara constate avec dépit que sa consoeur coule un petit bonheur tranquille auprès de son mari Richard, de 20 ans son aîné. D’où sa surprise lorsqu’elle surprend Sheba dans les bras de Steven Connoly, un élève de 15 ans. Abusant sournoisement de son ascendant sur sa collègue en pleine crise conjugale, Barbara s’immisce graduellement dans la vie des Hart.
-->> Découvert au hasard d'une page du mag de l'Utopia, ce film, réunit deux actrices talentueuses et possède un scénario plutôt digne d'intêret. Bon, c'est vrai, l'histoire a comme un petit air de déjà-vu. Mais quelque chose me dit que ce film vaut le déplacement.
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- Le voile des illusions - 07 Mars
De John Curran avec Naomi Watts, Edward Norton ...Mariée par convenances plus que par amour, Kitty part vivre à Shanghai avec son mari, Walter, médecin bactériologiste. Rapidement, la jeune femme tombe amoureuse d’un autre homme. Mais celui-ci place sa carrière avant ses nombreuses conquêtes féminines... Abandonnée par son amant, brisée, Kitty accompagne son mari dans une région où une épidémie de choléra balaie les populations et où les guerres locales font rage. Kitty y apprendra à ouvrir les yeux, sur le monde et sur ceux qui l'entourent.
-->> Le voile des illusions a des airs d'Indochine, vous savez, ce vieux téléfilm que diffusait avec Catherine Deneuve, ou encore d'Anna et le roi, plus récent avec Jodie Foster. Des paysages de rizières à perte de vue, l'ombrelle classique, et deux superbes acteurs. Peut-être pas révolutionnaire mais peut-être pas mal. A voir ...
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- Angel - 14 Mars
De François Ozon avec Romola Garai, Sam Neill, Charlotte Rampling ...Angleterre, 1905 : Angel Deverell, jeune écrivain prodige connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Mais n’est-ce pas trop pour une seule femme ?
-->> J'ai une affection particulière pour les films de François Ozon. Sans les adorer pour autant, je leur trouve toujours un côté très particulier et personnel. Je regrette d'ailleurs d'avoir manqué Le temps qui reste et espère pouvoir rattraper ça bientôt. En attendant, j'irai certainement voir Angel, même si le sujet ne m'inspire pas plus que cela, j'ai bien envie de voir ce qu'en fera le réalisateur Français.
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- L'homme qui rêvait d'un enfant - 21 Mars
De Delphine Gleize avec Artus de Penguern, Darry Cowl ...Pour une raison qu’il ignore, Alfred a perdu la parole. Un jour, ayant fui une nouvelle fois le baiser de celle qu’il aime et sentant la solitude s’installer, il prend une décision. Alfred va adopter un enfant. Contre toute attente, sa demande est prise en compte et acceptée. Mais le jour J, celui qui arrive ne correspond pas vraiment à celui qu’il attendait…
-->> J'ai eu envie de voir ce film dès la première lecture de ces quelques mots, délivrés comme au hasard, minuscules traits à peine dévoilés d'une histoire qui semble se dessiner à l'écart de toutes les autres. L'homme qui rêvait d'un enfant ... et ce simple attachement, déjà, à cette poésie des images et des silences
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- La tête de Maman - 28 Mars
De Carine Tardieu avec Chloé Coulloud, Karin Viard, Kad Merad ...Y’a 20 ans de ça, quelques années avant ma naissance, maman a aimé un gars. Y’a 20 ans de ça, ils ont été séparés et ce con-là, quand il est parti, il a emporté avec lui le sourire de ma mère. Faut que je le retrouve, faut qu’il le lui rende. Sinon, moi, je meurs. Lulu, 15 ans.
-->> Là encore, simple élan du coeur, sans raisons évidentes. La synopsis n'y est pas vraiment pour quelque chose. Peut-être cette mine boudeuse d'enfant qui grandit, mais aussi l'assurance d'y voir Karin Viard. En espèrant que ce film soit une surprise, et pas un autre Je vais bien, ne t'en fais pas... En attendant, les images sont là, et parlent d'elles-même. A croire qu'il pourrait réellement y avoir quelque chose de "plus" derrière ce petit film Français.
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- Courir avec des ciseaux - Prochainement
De Ryan Murphy avec Annette Bening, Alec Baldwin, Evan Rachel-Wood ...
Après le divorce de ses parents, le jeune Augusten est abandonné par sa mère, poétesse psychotique, et recueilli par le Dr Finch, un psychiatre aux méthodes peu orthodoxes. Une nouvelle vie commence alors pour lui au sein d'une communauté qui n'a rien a envier à la famille Adams. A 13 ans, découvrant qu'il est homosexuel, il va entamer une liaison orageuse avec Neil, un ancien patient de son tuteur, âgé de 33 ans, et faire les quatre cents coups.
-->> Le film que j'attends avec le plus d'impatience depuis quelques semaines déjà. Le pire étant que sa date de sortie vient de passer de fin Mars à prochainement... A croire que parfois, certaines choses sont faites exprès pour bien vous mettre sur les nerfs... Un joli petit casting, Baldwin, Bening, Wood ... et surtout la promesse d'une histoire rocambolesque mais aussi subtile. La bande-annonce promet autant que la synopsis. Et franchement, vivement la sortie de ce film qui semble à plus d'un titre, pas comme les autres.
Les pourquoi pas ...

Blood Diamond
31 Janvier

La môme
14 Février
Les enragés
28 Mars
A louer ...
Les Berkman se séparent
Le nouveau monde
The Woodsman
Lord of war
...
16 février 2007
♦ Little Children

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La fiche
9,5 / 10
Et se chercher une vie dans le regard de l'autre ...
Un film de ... Todd Field
24 Janvier 2007
Avec ... Kate Winslet, Sarah Pierce
Patrick Wilson, Brad Adamson
Jennifer Connely, Kathy adamson
Sadie Goldstein, Lucie Pierc
etc ...
Synopsis ... Banlieue américaine, controverses et vies entrecroisées, ponctuées par la frustration quotidienne de l'ennui et des désirs réprimés. Un exhibitioniste à tendance pédophile réemménage dans le quartier et voila que la panique s'empare du voisinage effaré et des parents inquiets pour leu chère et tendre progéniture. Les tensions s'exacerbent, au même titre que les sentiments, dans la découverte de soi, et des autres.
"It's the hunger. The hunger for alternative. And the refusal to accept a life of unhappiness." Sarah Pierce
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Alors ?
Little Children, de par sa bande-annonce et sa synopsis, s'annonçait pour moi déjà bien avant sa sortie comme un film marquant de ce début 2007. Et je ne suis pas déçue du résultat, loin de là ! Certains l'ont trouvé "lourdingue", "longuet" voire même peu inspiré même s'il fut dans l'ensemble plutôt salué par la critique. Pour ma part, je suis simplement contente de constater que le cinéma peut encore servir des films intelligents et sublimes du qualibre d'American Beauty.

Tout comme ce dernier, Little Children puise ses racines dans une banlieue type Américaine où règne le joli petit monde des convenances, non-dits, frustrations, et autres délices des apparences sociales. Une voix-off espiègle, conteuse de la fable, nous présente le menu des réjouissances. Sarah, jeune mère sans fibre maternelle aucune, se retrouve à jouer les ethnologues cyniques tous les après-midis au parc, entourée des papotages pompeux des bourgeoises du quartier. Brad, seul centre d'attraction - et de distracton - de ces mêmes bourgeoises, est un père à la maison frustré à la coupe de sa femme. Quant à Ronnie, quarante ans passés, il vient de sortir de prison et met le quartier en émoi par ses penchants exhibitionnistes, voire pédophiles.
Voila le cadre du film posé. Ces trois personnages fils rouges ne sont pas des symboles de perfection. Paumés dans leurs vies respectives, constamment traqués par le regard amer et réprobateur de ces "autres" socialement corrects, ils s'enferment et se morfondent d'un décalage qui ne peut se révéler, mais dont le poids se souffre chaque jour un peu plus. Le film est l'histoire de ce vide qui n'aspire qu'à se combler, en dépit des ragôts, des moeurs, et des qu'en dira-t-on.

Sarah et Brad se trouvent l'envie commune d'un baiser partagé. Et derrière cet échange adultère auquel ils se livrent, se cache non pas l'amour, ni même l'espoir d'un changement de direction, mais simplement le besoin de se sentir exister, de ressentir, à travers le regard de l'autre, cette estime de soi qu'il leur manque si cruellement. Chacun se plaît à jouer, à croire à cet échange inachevé, au bord de la piscine municipale, théâtre de ce petit jeu de rôles où chacun choisit ce qu'il voudrait être. L'important est de s'apprendre, de se reconnaître, et de s'apprivoiser à nouveau. L'image que leur renvoie l'autre leur donne l'assurance suffisante de valoir bien plus que ce que la vie de tous les jours leur apporte et de croire un peu en eux....
Quant à Ronnie, pauvre être infantilisé par une mère trop aimante, protectrice des défaillances de son fils, il semble hors-temps, comme figé dans son mal-être, dans ses pulsions qui le poussent à commettre, il le sait, des actes bien plus qu'ignobles. Jamais totalement un monstre, jamais totalement pardonnable. A la frontière entre le dégoût et la compassion.

Les sujets du film, libre adaptation du roman de Tom Perrotta, et les discussions qu'il suscite sont multiples, comme ses personnages. Ici la femme libérée, moderne, seul revenu de la famille, au galbe parfait, mère adorée de son fils et épouse dominatrice de son mari et de son couple, à la plastique si parfaitement irréelle. Là l'ex-flic mal dans sa peau, insomniaque, en quête de rémission, qui voit en l'arrivée de Ronnie dans le quartier une occasion d'exprimer sa propre souffrance sur le dos d'un bouc-émissaire trop bien désigné. Entre harcèlement moral, réprimandes crachées par les bien pensants, et désirs refoulés, chacun tente tant bien que mal d'avancer.

Todd Field mène d'une main de maître la trame narrative du film. Celui-ci dispose d’une mise en scène impeccable, originale et propre, et d’un scénario plus qu’intelligent, entre rires, drames personnels, et questionnements. Kate Winslet rayonne de talent en campant cette femme cernée par ses choix passés, sorte d’Emma Bovary, en quête « d’alternative » et e souffle nouveau. Patrick Wilson, révélé récemment par Hard Candy est parfait de froideur dans son rôle d’homme frustré, voire vexé, à l’ego en manque de reconnaissance aux côtés d’une Jennifer Connelly juste et efficace. Jackie Earle Haley, quant à lui, mérite amplement sa nomination aux oscars pour son interprétation prodigieuse et difficile de pédophile culpabilisé au possible.
Difficile de parler plus encore de Little Children sans en détruire les
principaux charmes et originalités. Il suffira de dire que ce
film est tout bonnement génial, différent, travaillé et porté par
des acteurs, un scénario, et une musique admirables.
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En bref
Pas besoin de résumé, place à la subjectivité totale : Little Children est tout simplement excellent, et il serait bien dommage de le rater en ce mois de février 2007. :)
Les +
- La mise en scène
- L'image
- Les acteurs
- L'histoire
- Le film tient toutes ses promesses
Les -
- ... La morale énoncée au final ...
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En plus ...
Quelques images ...

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♦ A history of violence

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La fiche
3 / 10
Une histoire violemment plate ... ...
Un film de ... David Cronenberg
02 Novembre 2005
Avec ... Viggo Mortensen, Tom Stall
Maria Bello, Eddie Stall
Ed Harris, Carl Fogarty
William Hurt, Richie Cusack
etc ...
Synopsis ... Parce qu'au cours d'un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s'étale à la une de tous les médias. Un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d'avoir reconnu en Tom Joey Cusack, celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés. Tom aura beau nier, désormais, Fogarty et ses hommes le traquent.
" In this family, we do not solve problems by hitting people !
" Tom Stall
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Alors ?
Bienvenue au pays de la famille Stall, où tout le monde s'aime, se soutient, et se réconforte sur fond de sourires bananes à n'en plus finir. Le pays des bisounours. En mieux bien sûr. Car en Amérique, la mère de famille est blonde, svelte, et surtout, adore se déguiser en pompom girl pour satisfaire les désirs refoulés de son mari jadis boutonneux. Le frère ne râle jamais quand il est réveillé en pleine nuit par le cauchemar de sa jolie - et aussi blonde - mini poupée barbie de soeur alors qu'il a un test de maths le lendemain. Et evidemment, le père, en grand sage, fait profiter à sa fille d'un grand enseignement de la vie : faut pas avoir peur du noir, ma chérie. Les monstres, ça existe même pas en vrai pour de vrai. Si, si, je t'assure. Non vraiment, la famille Stall est heureuse. Chaque matin, le papa, la maman, le fils et la fille s'embrassent dans un grand élan d'affection et se souhaitent une bonne journée. Miroir d'un mensonge ? Certes. Mais tout cela reste bien mal démontré.

Cronenberg a du talent. En ça rien à redire. Il nous conconcte de superbes plans, ceux qui sont rares, ceux que l'on n'attend pas forcément mais qui attirent l'oeil à tous les coups. Sa façon de filmer reste judicieuse, originale, notamment dans des scènes comme celle de "l'escalier" - pour ceux qui auront vu le film. En dépit de cela, cette histoire de violence à de quoi faire bailler. Le suspens est quasi-inexistant et ne s'exprime que par quelques souffles légers : passé trois secondes il s'envole déjà. L'intêret, s'il est lancé, retombe bien vite, et surtout bien mal ! Tout semble brouillon. Le fait divers tend au cas particulier mais aucun des deux ne se trouve jamais creusé. Le personnage de Tom Stall, qui se voudrait double, est exploité d'une manière si peu subtile qu'elle ferait bien peine si viggo Mortensen ne sauvait pas le naufrage. Son histoire se résume en deux lignes. Pas plus, pas moins.

Pourtant il y avait matière à faire quelque chose d'intéressant, quelque chose de différent. Mais non, Cronenberg choisit la facilité. Une histoire de violence. C'est tout ce que nous aurons au menu. Et une histoire pas très fine qui plus est, qui ne parvient jamais à discuter par images de la violence et de ses nuances - en tout cas pour ma part. Le réalisateur s'englue des stéréotypes de la famille américaine parfaite et sans problème, des gentils, des méchants, du fils à papa tête de turc au lycée, et de la mère en pleine crise d'identité, espérant sans doute mettre tout ce petit univers au final très banal et gentillet en contraste avec sa prochaine déchéance.

Mais Cronenberg ne tient jamais cette promesse implicite. Aucune descente aux enfers de prévue. Seulement une petite visite de routine, pour faire un peu de ménage dans un passé qui dérange, et hop, le tour est joué : Papa Stall a tué ses vieux démons, il peut revenir prendre place à la table familiale, pardonné et aimé. Si cette scène est dans l'ensemble brillamment organisé et plutot bien vue, elle ne semble malheureusement que trop prévisible. Mise en relation avec tout le reste du film, elle est bien pire encore et ne livre au spectateur qu'une piètre conclusion mielleuse et baclée. Ou serait-ce tout le reste du film, exceptions mis à part ? ...
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En bref
A history of violence se résume en un mot : dommage. On aurait pardonné le pays des bisounours, on aurait pardonné, le trop blanc, le trop noir, l'enchaînement des événements coirréalistes, si seulement on avait eu droit à quelque chose d'intéressant au final. Malheureusement, il n'en est rien. Reste à se mettre sous la dent le talent de Mortensen, expressif au possible et toujours extremement juste, d'Ed Harris et de William Hurt qui offrent au film ses quelques moments de gloire.
Les +
- Viggo Mortensen, Ed Harris, William Hurt
- Certaines scènes
- L'idée de départ, malheureusement gâchée
Les -
- La jolie petite famille Américaine
- Les gros stéréotypes
- Le second degrès Kill Bill bien loupé
- Le gâchis
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15 février 2007
♦ Les fils de l'homme
![]()
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La fiche
8 / 10
Les fils d'un rien ... ...
Un film de ... Alfonso Cuaron
18 Octobre 2006
Avec ... Clive Owen, Theo
Julianne Moore, Julian
Claire-Hope Ashitey, Kee
Michael Caine, Jasper
etc ...
Synopsis ... L’Homme, en 2027, a épuisé toutes les ressources de la planète. La dernière naissance remonte à près de vingt ans, et le désespoir a engendré à travers le monde un climat de violence, d’anarchisme et de nihilisme exacerbé. L'Angleterre est le seul pays à avoir évité cette descente aux enfers en se dotant d’un régime totalitaire. Dans ce monde en déclin, une jeune femme, Kee, croise la route d'un militant déchu, Théo. Enceinte de huit mois, elle incarne le dernier espoir du genre humain, le miracle que chacun guettait depuis dix-huit ans.
" As the sound of the playgrounds faded, the despair set in. Very odd, what happens in a world without children's voices.
" Miriam
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Alors ?
Après La petite princesse, Y tu mama tambien ou encore Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, Alfonso Cuaron nous revient avec cette formidable histoire d'anticipation adaptée du roman homonyme de P.D James. Ce film marque plus que tout autre la confirmation du talent du réalisateur mexicain, son audace, et remet au goût du jour l'utilisation quasi-permanente du plan-séquence. Les fils de l'homme, ne déroge pas à la règle visuelle que semble s'être imposé Cuaron tout au long de sa carrière. De superbes plans de lumière, une vue d'ensemble très fine, et une caméra tantôt posée, tantôt tremblante, rendent ces réalisations d'un esthétisme toujours très agréable.

Le film possède quelques scènes que l'on peut qualifier d'excellentes. Cuaron réutilise des images collectives marquantes comme le cheminement à travers Bexhill, véritable retour sur la mémoire des camps de concentrations, des génocides et des meurtres raciaux dont la gratuité et la violence font peur, à fortiori dans un monde où la montée du nationalisme n'encourage guère à l'optimisme. Les fils de l'homme renvoie à une situation à laquelle nous sommes d'ores et déjà confrontés. L'anticipation, ici, n'a guère besoin d'être poussée à son extrême tant certaines images nous renvoient à des futurs plus que probables. Dans un monde qui pourrit, se gangrène, où les hommes s'emploient à se hair, qu'ésperer encore si ce n'est l'autodestruction ?
Le 2027 de Cuaron marque la montée d'un régime totalitaire, envisagé comme seule voie de subsistance. Le fossé entre les peuples se creuse, le terrorisme mondial de masse s'impose, et le culte de la jeunesse semble s'immiscer à coup de matraquage visuel dans les têtes. L'époque est à l'insurrection, mais personne ne croit à un autre "possible". D'ailleurs comment croire, quand le monde est déjà perdu ?

Cuaron percute. Toujours. Sa caméra est le véritable spectateur d'une réalité noire, en déclin, d'un monde de cendres et de feu ou l'espoir des rires semble oublié. L'homme tremble, comme ce personnage, Théo, véritable antihéros aigri, fatigué, au dos courbé par le pois des désillusions. Embarqué malgré lui dans une dernière bataille, incertaine, Clive Owen surprend de ténacité : cet homme presque mort, qui a tout perdu, n'a justement plus rien à vivre, et c'est peut-être pour cela qu'il parvient à sauvegarder Kee et son enfant, la promesse qu'ils représentent.
A regarder le film, cette thématique de la mort liée à la vie est presque omniprésente. Notamment dans une scène toute particulière où l'enfant paraît enfin aux yeux de la population. Véritable miracle, petite chose fragile échappée des bombes, des coups de feu et des cris qui l'entourent, le nourrisson parvient, durant près de deux minutes, à établier un silence mais surtout à réveiller l'humanité qui sommeille en chacun de nous. C'est alors que le génie de Cuaron s'exprime dans toute sa splendeur. Le calme est rompu par une explosion. Les combats reprennent, et le monde oublie. Ce qui tout d'abord aurait pu sembler une scène totalement prévisible et peu originale, voire irritante, se transforme en véritable métaphore intelligente du film.

Dans un monde où les hommes ont oublié la possibilité d'un futur, la haine emplit les coeurs, plus forte que jamais. L'espoir est là, mais on l'oublie si tôt découvert. Vision ultra-pessimiste où les hommes semblent aspirer au chaos et à l'affrontement. Même l'issue heureuse que représente l'Human Project est infime et incertain, comme le montre la fin du film, mise en suspens dans le flou d'une journée brumeuse. Cet espoir de quelques insoumis qui se cachent du monde ne parvient pas à ajouter une réelle touche de positivité dans ce désordre humain. Seuls les sourires de Julianne Moore ou Michael Caine - fugaces - et quelques figures de bonté silencieuse viennent ponctuer de trop rares lueurs l'ensemble du film.
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Cuaron n'hésite pas à sacrifier ses personnages sur l'autel de la crédibilité du sujet. Et même si cela semble un peu lourd au bout d'un moment, on ne peut que saluer ce choix, étant donné la mode très agaçante du "héros intouchable" qui semble atteindre la majorité des productions cinématographiques de nos jours. Les acteurs sont dans l'ensemble justes. Michael Caine, excellent, semble une véritable boussole à laquelle le spectateur, tout comme le personnage principal, se fient. C'est dans son havre de paix - qui sera plus tard saccagé - que l'on se réfugie, se console de quelques rires et se remémore le passé. Son visage de vieux hippie contraste avec les ruines d'un monde extérieur sanglant et poussiéreux. Jasper est la mamoire naufragée d'un passé plus heureux, ou l'enfance riait et où tout était encore possible. Promesse ou nostalgie ? La réponse du film se murmure.
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En bref
Cuaron signe ici un fabuleux film où l'anticipation se confond aux problèmes de notre siècle, où les questions demeurent et dont les réponses semblent voilées de noir. Il n'est pas question ici de la froideur clinique et élégante d'un Gattaca, intimiste et magistral, mais d'un film plus chaotique, baigné de cendre et de colère, et dont l'espoir n'est qu'infime. Pour ma part, je donne ma large préférence à Niccol mais suis forcée de reconnaître l'intelligence de fond de ces Fils de l'homme, miroir de notre siècle.
Les +
- La B.O
- Michael Caine, Julianne Moore
- Le travail de réflexion poussé
- La scène magnifique du personnage de Jasper pour un ultime je t'aime.
- La maîtrise de Cuaron
Les -
- La musique du générique de fin
- Les scènes de cohues, fusillades, très très longues
- J'ai personnellement du mal avec l'aspect gue-guerre terrorisme / Etat.
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31 janvier 2007
♦ Cashback

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La fiche
6 / 10
Du temps figé en une belle idée inachevée ...
Un film de ... Sean Ellis
17 Janvier 2007
Avec ... Sean Biggerstaff, Ben Willis
Emilia Fox, Sharon Pintey
Shaun Evans, Sean Higgins
Stuart Goodwin, Jenkins
etc ...
Synopsis ... Étudiant aux Beaux-Arts, Ben Willis se fait plaquer par sa petite amie Suzy. Insomniaque suite à cette rupture, il se met à travailler de nuit au supermarché du coin où son imaginaire vagabonde. L'art de Ben consiste à imaginer qu'il suspend le temps, ce qui lui permet d'apprécier la beauté du monde "en mode pause" et des êtres qui le peuplent.
"The bad news is the time flies. The good news is that you're the pilot" Ben Willis
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Alors ?
Le temps s'enfuit, et voici l'écoulement infini des jours qui nous traverse. Sans cesse, encore et encore. Pourtant, il arrive que quelques moments bercés de secondes s'échappent de ce flot continuel, pour nous paraître comme hors-temps, dans l'entre-deux d'un espace qui n'existe qu'à nos yeux. Et enfin parvenir, par le hasard d'une rencontre ou d'un émerveillement soudain, à s'extraire de nos vies réglées par le tic tac continuel des aiguilles. La beauté de l'infime nous apparaît alors plus claire, plus précise, comme mise en lumière.

Voila ce que frôle ce film, ce qu'il tente d'expliquer, ou du moins ce qu'il a la prétention de vouloir faire ressentir. Bien maladroitement, c'est vrai. Il y parvient parfois, touchant d'une image figée ce qui est sans mots. La beauté doit s'extraire du mouvement, alors Ben Willis apprivoise le temps en l'arrêtant. Tout simplement. Tout ceci n'est pas à prendre au premier degrè. C'est une forme d'autisme auquel on se laisse prendre, dans la douceur d'un moment bercé d'une illusion ambiante. Et cette évidence : il n'est pas nécessaire de lutter contre le flot du temps si on se laisse emporter par ses mumures.

Cashback réussit quelques réels moments de grâce un peu naïve, touchante, presque véridique. Mais malgré une photographie magnifique, et un personnage principal qui nous retient à ses gestes, en véritable ésthète aux imperfections sublimées par son amour des courbes du temps et des corps, Cashback ne réussit jamais entièrement son pari. Le film frôle une idée, un sentiment fragile que seul un véritable funambule de la caméra aurait su réellement capturer. Sean Ellis, à l'oeil visiblement aiguisé, manque encore de la maturité nécessaire à un tel projet. Son court était réussi et méritait sans aucun doute un long. Oui, c'est évident. Mais un long bien exploité dans ce cas. Certaines scènes, véritables rallonges artificielles, alourdissent un sujet qui aurait pu être véritablement maïtrisé et puissant. De même, l'humour adolescent, poussé au paroxysme du ridicule et du pathétique, ternit malheureusement la poésie des images, même s'il peut parfois faire rire.

Cashback amuse, plaît souvent, et heurte au coeur, parfois. Mais l'on aurait espéré bien plus encore. Restent de très bonnes idées et initiatives, comme ces flash-backs d'enfance, totalement intégrés à l'histoire par de magnifiques transitions, et un premier quart d'heure digne d'un grand film. Mais demeure au final, malgré toutes ces bonnes intentions, cette sorte de frustration qui vous fait dire : dommage, ça y était presque.
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En bref
Cashback reste un long dont on sent la réalisation trop précipitée, pas assez mûrie par son réalisateur et ses scénaristes, mais auquel on se doit de donner sa chance, pour le simple fait qu'il parvient, après dilution du temps, à faire ressentir un infime quelque chose, un rien qui vous attache le coeur, comme en souvenir de moments passés et naifs dont on a simplement apprécié l'instant figé, la beauté intemporelle.

Les +
- Sean Biggerstaff
- L'ésthétique de l'image
- La musique tout au long du film
- Le plaisir d'apprécier quelques coups de crayons
- Les retours en arrières et transitions
Les -
- Le film reste "facile" sans aller jusqu'au bout de son propos
- Les blagues d'ado boutonneux un peu lourdes au final
- Certaines scènes de rallonge inutiles
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En plus ...
Le court-métrage initial de 2004 en Vost,
et par ici, les 5 premières minutes du film offertes par le site officiel.
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13 janvier 2007
♦ Apocalypto

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La fiche
8,5 / 10
Problèmes de voisinage chez les sauvages ...
Un film de ... Mel Gibson
10 Janvier 2007
Avec ... Rudy Youngblood, Patte de Jaguar
Raoul Trujillo, Zero Loup
Dalia Hernandez, Sept
etc ...
Synopsis ... Jeune père porteur de grandes espérances, futur chef de son petit village, Jaguar Paw vit une existence idyllique brusquement perturbée par une violente invasion. Capturé et emmené lors d'un périlleux voyage à travers la jungle, il découvre un monde régi par la peur et l'oppression, dans lequel une fin déchirante l'attend inéluctablement.
"My name is Jaguar Paw. I am a hunter. This is my forest. and my sons will hunt it with their sons after I am gone." Jaguar Paw
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Alors ?
Après son très controversé calvaire du Christ, Mel Gibson reprend du service chez les Mayas. Et force est de constater que ce dernier film vaut le détour pour au moins un visionnage averti. Voici donc, si on croit la citation d'ouverture, un film sur la déchéance d'une civilisation, jusqu'à son apocalypse, de la destruction inévitable au recommencement. Pourtant, gibson n'aborde ce sujet que de façon détournée. Un peu trop d'ailleurs. Mais si la carence du peuple Maya n'est jamais dévoilée entièrement, elle reste suggérée par le personnage principal, jeune homme destiné aux sacrifices d'un peuple dont on connaît encore peu de choses.

Au fil de ce parcours atypique, entre meurtres sauvages, violence et quête désespérée d'une issue et d'un retour aux sources, un certain suspens s'installe, non pas haletant, mais presque hypnotique. Hypnotiques également la beauté des images et la reconstitution visuelle, toutes deux excellentes. Quant aux acteurs, inconnus jusqu'alors, ils sont tout simplement parfaits dans une interprétation pure, dénuée de toute sophistication. A cela s'ajoute l' excellent choix du Yucatan comme langue originale, nuance qui semble essentielle aux couleurs de ce film. Enfin, puisqu'on ne parle que d'elle, la violence, qui peut paraître excessive et brusque de prime abord, est maniée avec assez de talent pour nous amener à une peur viscérale et aiguisée, qui prend véritablement aux tripes et qui n'est au final, pas si choquante que cela.

On ne s'ennuie donc pas tout au long de ces deux heures et quelques quinze minutes de course effrénée, de la jungle hostile aux édifices Mayas. Malgré tout, manque à tout ceci un petit quelque chose d'indéfinissable mais qui porte préjudice à l'ensemble. Peut-être le sentiment que le réalisateur s'est perdu dans son propos de départ ( citation d'accroche ), pour nous offrir autre chose, qui reste certes intéressant, mais qui est aussi porteur d'une incohérence qui ne s'explique pas vraiment.
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En bref
Mel Gibson nous offre un bon film, preuve d'un travail certain et d'une qualité d'image réellement magnifique, qui ne lasse jamais d'hypnotiser jusqu'au coup final, superbe.

Les +
- La beauté de l'image
- Les acteurs
- Le rythme effréné de la poursuite
Les -
- La partie chez les Mayas
- Les "noms" peu recherchés ...
- La promesse faussée d'un sujet
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