19 mars 2007
♪ Friendly Fire, Sean Lennon
Friendly fire (tir ami), terme militaire pour désigner l'attaque d'un allié par une autre force alliée.
Lennon. Un tel nom peut être un moteur
tout comme un handicap. Mais Sean a du talent, énormément de talent. Il
passe aisément, et ce dès la première écoute, l'étiquette de "fils de"
et démontre sans aucun problème que l'inspiration et la musique sont
pour lui un héritage amplement assumé et mérité. Travail et don vont
semblent-il de paire pour ce déjà trentenaire, et après un premier
album solo superbe en 1998, Into the sun, il nous livre un deuxième opus plus que mélodique.
L'album ...
Friendly Fire est un recueil d'histoires conté avec poésie et douceur dont il est dur de décrocher. Sean Lennon invite, propose, ne s'impose jamais. Et il n'en a pas besoin. Alors certes, certains trouveront que l'album est un peu trop homogéne, que tout ça sonne trop simpliste, trop nasillard et trop identique ... Quant à moi, je retiens un opus bien plus agréable que la majorité des albums parus ces derniers mois. Car Friendly Fire est un véritable livret de notes enveloppantes, peut-être pas cottoneuses mais étrangement apaisantes, où il est bon de ne pas avoir à changer de chanson pour la simple raison qu'elles sont toutes indispensables. Acides, parfois simplement teintées d'un sombre romantisme un peu futile, elles restent dans l'effleurement de lointains murmures.

L'album est ce tout. Ce mélange d'amertume des erreurs, de la peur des regrets, de son refus, des jours qui passent, n'arrangent rien, arrangent tout. Sans prétention font sourire. Car la vie est aérienne, terrestre, s'envole, se retient. On ne cherche pas à savoir, rien n'est important ici que les souvenirs. Pour ma part, cet album est un joli trait d'union entre des bribes de ressentis personnels et une culture commune et inconsciente, saupoudré d'un brin de naîveté attendrissant et pas aussi niais que l'on pourrait le croire de prime abord. Pour finir, je rajouterai que l'album est actuellement à 10 euros dans toutbon point de vente. Une petite douceur qu'il serait bien dommage de se refuser. Friendly Fire est un de ces disques qui illustre ces petits moments déconnectés du monde, allongé par terre, à observer tout et nimporte quoi, sans véritablement être là. Un disque de toutes les saisons, qui s'accorde aux jours de pluies, enfermés à l'intérieur, à lire sans lire, à rêver sans rêver. En se laissant simplement emporter par la mélodie des sons, par la ligne tracée d'une voix fluette. Familière.

Le dvd ...
Sans oublier que Sean Lennon a aussi produit une étrange série de courts-métrages - clips - illustrant chacune de ses chansons. Ce qui au final donne tout simplement une gallerie de rêveries conceptuelles constamment mises en abymes, tantôt délirantes, tantôt plus réalistes. Véritable thérapie post-crash sentimental , le film se révèle un étrange et très particulier parallèle à l'album. Friendly Fire a effectivement été écrit après la mort d'un des amis de S.Lennon. Ami qui avait - entre parenthèses - une relation avec la petite copine du dit Lennon. L'info people est certes peu intéressante en elle-même, mais s'avère au final essentielle si l'on veut complétement appréhender la lecture du dvd et du disque. Les courts bien qu'inégaux en qualité, ont l'avantage de rester totalement décalés et propres à la lubie artistique de Sean Lennon tout en gardant une certaine linéarité très judicieuse, ce qui est déjà en soit, un aspect plutôt positif.
Trève de bla bla bla ...
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16 mars 2007
♪ The Dresden Dolls

The
Dresden Dolls ... Amanda Palmer et Brian Viglione ... Ces poupées de
Dresde nous arrivent tout droit de Boston. Formé en 2001, ce groupe
possède déjà l'étoffe et la profondeur que beaucoup d'autres
recherchent durant de longues années sans jamais en trouver une miette.
Car The Dresden Dolls, c'est avant tout un univers complétement déjanté
servi par un rock ahurissant lorgnant du côté du punk et de beaucoup
d'autres genres. L'originalité et la force de ses deux membres font de
ce groupe un véritable petit ovni audio et visuel à l'univers
foisonnant, festif et éclectique.
La voix d'Amanda, puissante et
magnifiquement polymorphe, le jeu de batterie, épuré mais enflammé de
Brian, ainsi que les paroles réellement travaillées de leurs albums
constituent la base d'un groupe qui se veut énergique, polyvalent et
unique. Se réclamant du brechtian punk cabaret, les deux comparses
assurent un spectacle continu et riche en couleurs, tels de vrais mimes
aux maquillages de pierrots tristes et aux collants rayés.

Les Dresden Dolls ont su se créer une identité musicale et visuelle unique ( humm... ça fait pas un peu trop M6 ça ? ), délaissant la guitare pour le piano et la batterie, et contribuant à offrir à ceux qui s'en sentent, une réelle claque qui vous fait revoir à la hausse certaines définition préconçues du mot "artiste". Et ça, ça fait vraiment du bien.
Et parce qu'il vaut mieux écouter, voir, plutôt que lire, vous pouvez profiter de quelques uns de leurs délires musicaux sur leur myspace ( vraiment, ça sert ces bêtes là ... ) ou encore regarder cette petite vidéo qui illustre la chanson Coin-Operated-Boy de leur premier album éponyme. Assez déjanté. Forcément.







