La grenouille bleue

Critiques cinéma, bibliothèque de chroniques sur les films en salle et passés

24 mai 2007

♦ Pirates des caraïbes : jusqu'au bout du monde

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La fiche

poc33,5 / 10           
Et de trois ... heures de trop.

Un film de ... Gore Verbinski
23 Mai 2007

Avec ... Johnny Depp, Jack Sparrow
             Geoffrey Rush, Barbossa

            
Orlando Bloom, Will Turner
            
Keira Knightley, Elizabeth Swann
            
etc ...

Synopsis ... Will et Elizabeth s’allient au capitaine Barbossa pour libérer le Capitaine Jack Sparrow du piège de Davy Jones : le même Davy Jones qui écume les septs mers pour le compte de la compagnie anglaise des Indes Orientales. Bravant les trahisons et les mers hostiles, Will, Elizabeth et Barbossa font voile vers l’exotique Singapour pour affronter le rusé pirate Sao Feng. Alors qu’ils se dirigent vers les confins de la terre, chacun va devoir choisir son camp pour la dernière bataille où se joueront leur vie, mais aussi l’avenir même de tous les pirates et de la liberté…

" They know they face extinction. All that remains is where they make their final stand.  " Barbossa

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Alors ?

    Ah ! La saga Pirates des caraïbes ... presque une tradition. Avec ses bateaux qui coûlent à flots, ses pirates aux dreadlocks impeccables, ses demoiselles à l'âme rebelle et bien sûr ses intrigues à tiroir. Sans oublier son merveilleux fouilli visuel. Fans, n'ayez craintes : Pirates des caraibes est toujours Pirates des caraïbes.

    A une différence près : tout ce qui faisait le charme et l'originalité du premier volet s'est désormais totalement envolé. La faute à qui, à quoi ? Aux midinettes se languissant du - merveilleusement vide - couple Knightley / Bloom et du désormais adulé Jonnhy Depp en pirate déglingué ? Ou bien peut-être tout simplement aux studios et à la loi du filon d'or qui transforme souvent un film plaisant en une trilogie déclinante, voire en une saga atrophiée ...? On ne saurait choisir. Le pari de ce troisième film n'était pas simple : égaler le premier et tenter de faire oublier l'insipidité du deuxième. Au final ? Un résultat très mitigé.
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    Jusqu'au bout du monde...mouais. Et trois heures pour "tout" ceci : des minauderies de Knightley aux expressions d'huitre typiquement Bloomienne. On aurait pourtant volontiers accepté le surjeu de certains, ou encore le faux air inspiré et les attitudes réchauffées des autres, si on nous avait proposé en retour un rien, un brin à peine de scénario, de crédibilité, bref un bon divertissement. Mais il n'en est rien. Le charme du premier film, qui consistait principalement dans le seul personnage de Jack, la légereté d'une histoire ancrée dans l'univers atypique de la piraterie, et un humour particulièrement plaisant, est totalement zappé.
...

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    Bien sûr, on évite de réitérer le naufrage du deux, mais ce troisième opus n'a plus que les défauts de son histoire, et n'accroche jamais - ou si peu - l'intérêt. D'incohérences en trahisons, de personnages en personnages, mais surtout de déceptions en déceptions, le film nous propose un voyage dans lequel toutes les histoires se confondent dans un grand fatras visuel, tristement et faussement épique, où l'on constate avec regret la déchéance d'un sacré capitaine, Johnny Depp, qui, en plus d'être inutile, a perdu son souffle. Quant aux intrigues, elles semblent tant construites sur du sable que l'on est pas surpris de les voir s'effondrer à la moindre bourrasque, tout comme l'inutilité  de la plupart des personnages.

    On se contentera alors de la rêverie d'une ère qui n'existe pas, où les pirates de tous bords chantent de vieilles chansons oubliées, où les mythes prennent formes sous l'apparence de rares mais magnifiques paysages. Autant alors ne pas s'attarder sur le reste, et se dire que l'on ne nous y reprendra plus.

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    Disney a essayé et Disney a perdu. A vouloir trop tirer sur la vache à lait, celle-ci est devenue stérile. Pirates des Caraïbes est bel et bien un produit estampillé Walt Disney Movies Nanars et n'a plus que pour seul avantage - pas cinéphile mais financier - d'être une habitude déplaisante, le genre de films que l'on va voir sans vraiment le vouloir, par manie, par habitude presque.

    On se souviendra d'un bon départ, un premier film à la rengaine musicale plaisante - touche de couleur dans un univers cinématographique qui se prend souvent trop au sérieux - et d'un vieux pirate du cinéma indépendant, qui nous avait fait rire, amusant et amusé, mais qui désormais devrait savoir que passé un certain âge, il est trop tard pour jouer avec de vieilles épées en plastique.

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En bref


poc_trailerLes +

  • Barbossa
  • Le singe Jack
  • Intrigue Calypso / Davy Jone
  • Bizarrement, c'est un peu tout...

Les -

  • Keira Knightley / Orlando Bloom
  • Le couple "glamour" par excellence : Swann et son Turner
  • Le naufrage du scénario
  • Plus aucune épice à cette sauce Verbinski
  • L'humour PoC : tout simplement inexistant... ou presque

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Posté par Palou à 16:56 - ♦ Films P Q R - Commentaires [2] - Permalien [#]

17 novembre 2006

♦ Le Prestige

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La fiche

prestigeposterhugh9 / 10          
Abracadabrante presti-digitation ...

Un film de ... Christopher Nolan
Novembre 2006

Avec ... Hugh Jackman, Robert Angier aka The Grand Danton
             Christian Bale, Alfred Borden

            
Michael Caine, Cutter
             Scarlett Joahnsson, Olivia
             etc ...

Synopsis ... Londres, au début du siècle dernier… Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques.

" Now you're looking for the secret... but you won't find it because you're not really looking. You don't really want to know the secret... You want to be fooled. " Cutter

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Alors ?

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"Le premier acte s'appelle la promesse"

Promesse d'un film qui se veut héritier des excellents Memento et Insomnia, et du très mitigé Batman Begins. Promesse d'un réalisateur et d'une certaine vision de son art, qui se veut lui aussi illusion. Et, enfin, promesse d'un casting, de deux acteurs, d'un scénario. Le film évolue autour d'une rivalité, bien plus que d'une histoire de magie, à la déception de certains. Il se veut donc intéressant dans l'évolution de ses deux protagonistes et des histoires qui s'articulent autour d'eux et non pas dans le traitement d'une quelconque prestidigitation. Une fois qu'on a compris cela, on peut enfin apprécier pleinement le film à sa juste valeur.

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"Le deuxième acte s'intitule le tour"

Tours de passe passe et d'hommes transportés. Si quelque chose doit jamais déranger le spectateur, c'est bien la chronologie compliquée qui nous vaut quelques doutes et hésitations tout d'abord, et non pas le regret d'un simple récit sur la magie. Car celle-ci n'est dans Le Prestige qu'un prétexte pour Nolan à une autre forme d'illusion : celle d'une intrigue à tiroir. Fragmentée en de multiples pièces aux faces cachées, l'histoire n'aura de cesse de prendre des virages à 90° au fil des divers rebondissements de ces deux heures qui auraient pu - je dis bien pu - paraîtrent trop longues. Jackman et Bale forment un duo prenant et convaincant, valsant entre élégance, manipulations et cruauté. Le caractère de leur relation n'aura de cesse d'évoluer d'une façon sidérante et presque désespérée, entre vengeance, obsession et perversité cruelle, sous l'aura d'un secret qui se fera le témoin de l'autodestruction de deux hommes, de la plus sadique et fulgurante des façons. Tout n'est qu'apparence. La magie se veut le théâtre d'une haine obsessionnelle qui finit par perdre tout sens, si bien qu'on ne sait plus distinguer qui des deux joueurs de cette partie d'échec reste à nos yeux plus blanc que l'autre. C'est peut-être en ça que se situe véritablement la puissance du film. 

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"Le troisième acte constitue le prestige"

Qui au final, a tort ou raison ? Quels mensonges, quels masques ? Le cruel duel que se livrent les deux magiciens, les rend vils et détestables. Les témoins de cette rivalité croissante ne sont là que pour contraster avec la froideur et l'inhumanité qui s'emparent peu à peu des deux protagonistes, et n'auront de cesse de payer le pric de leur haine. Mentions au passage à Michael Caine, excellent, et à Rebecca Hall, attachante. Peu à peu, la chronologie se clarifie, doucement, distillée habilement. Le tour s'essoufflant dans la deuxième heure, Nolan met en place un dénouement en deux temps, s'offrant quelques illusions et portes de sorties rapides avant de réveler son secret, qui ne manque pas de prestige. Evidemment le spectateur avisé aura tôt fait de trouver par lui-même les ficelles de cette dernière révélation. A chacun ensuite de décider qui a tort ou raison. Mais après tout, n'est-on pas là pour se laisser berner un peu ?

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En bref

 Le Prestige souffrira certainement de critiques par défaut d'être un peu trop grand public, mais il reste un excellent divertissement, palpitant et rusé, pour qui veut bien se laisser prendre au jeu. Un bon moment de cinéma, dont on ressort satisfait et souriant. Car le véritable tour aura été de se laisser porter, de façon consentie, par un superbe casting et une histoire plus pointue qu'on ne pourrait le croire.

lerestige_boxLes +

  • Caine, Jackman et Bale... habités
  • Une intrigue travaillée et au dénouement époustouflant
  • La rivalité des deux protagonistes entre perversité et obsession
  • La photographie cohérente et soignée
  • Un très bon moment à se laisser consciemment berner

Les -

  • La chronologie difficile en début de film
  • Quelques -très - rares longueurs en deuxième heure
  • A déconseiller aux bobos intellos qui ne jurent que par le cinéma d'auteur ...

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Posté par Palou à 19:34 - ♦ Films P Q R - Commentaires [2] - Permalien [#]

06 octobre 2006

♦ Le Parfum, histoire d'un meurtrier

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La fiche

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5 / 10          
Un parfum trop vite évadé ...

Un film de ... Tom Tykwer
Octobre 2006

Avec ... Ben Wishaw, Jean- Baptiste Grenouille
             Alan Rickman, Richis
             Dustin Hoffman, Guiseppe Baldini
             Rachel Hurd-Wood, Laura
             etc ...

Synopsis ... Jean-Baptiste Grenouille naît en 1744. Enfant solitaire, introverti et inquiétant, il devient un jeune homme à part grâce à un don unique : son odorat. Grenouille n'a d'autre monde que celui des odeurs dans lequel il évolue avec aisance et naturel. Un soir, le jeune homme, guidé par son sens hors du commun, rencontre sa " destinée", personnifiée par l'odeur unique et magnifique d'une jeune fille qu'il finira par tuer afin de s'enivrer jusqu'à l'extase de sa fragrance. Ce meurtre sera pour Grenouille la révélation du sens de sa misérable existence. Il sera le plus grand parfumeur que le monde ait connu, et apprendra à conserver les odeurs pour ne plus jamais perdre pareille merveille.

" Whatever his insane scheme is... it will surely be incomplete without you. " Antoine Richis

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Alors ?


     Tout d’abord il serait bon de dire combien il fut courageux de la part de Tom Tykwer d’adapter le best-seller de Patrick Suskind. L’odorat, on le sait, est au cœur de la vie et de l’histoire de Jean-Baptiste Grenouille. Suskind, dans son livre, parvint avec talent à « retranscrire » l’univers des odeurs par les mots, mais l’on pouvait légitimement douter de la capacité d’un réalisateur à faire de même avec un vocabulaire visuel qui s’avère parfois insuffisant. Ne soyons pas trop exigeants. Car enfin, si l’on sait que ce film reste une adaptation, il n’en reste pas moins un film, difficile qui plus est. Oui, c’est vrai, Tykwer ne réussit pas entièrement dans la durée à rester dans son sujet, et l’on peut parfois trouver grossiers certains stratagèmes pour aborder le don de Grenouille, comme cette improbable façon de filmer dans les collines le traçage de l’odeur de Laure, future victime du parfumeur.


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    Néanmoins, comment blamer Tykwer dans cet exercice ? Car, dans la première partie de son film, il réussit avec un étonnant brio à s’approprier l’essence même du personnage, son obsession et son don. Les gros plans sur les narines de Ben Wishaw auraient pu paraître ridicules, mais servies par la narration, elles n’en paraissent que plus évidentes. Evidente aussi la scène de la naissance du héros, entrecoupée de plans soudains et rapides sur l’environnement composé d’entrailles et de déchets sanguinolents, véritables illustrations de la puanteur qui vous prend presque ( mais si ) à la gorge. Tykwer n’a de cesse de capturer la nature ambiante, et par la même son odeur par des plans dégagés, simples mais cependant utiles sur les fleurs, les collines, ou même la ville et sa crasse puanteur même s'il se perd un peu dans son sujet passé la première heure de film.


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La deuxième, mais pas moins importante difficulté du film était d'incarner à l'écran l'immonde mais fascinant personnage de Jean-Baptiste Grenouille. On pressentait Orlando Bloom pour le rôle ( heureusement le choix du réalisateur ne fut pas celui-ci ... ) ou encore Johnny Depp, qui aurait certainement pu se transformer à nouveau comme il sait si bien le faire, mais au final, on ne regrette pas la performance de Ben Wishaw, tout simplement excellent. Bien sûr, le personnage de Grenouille dans le livre est censé être bossu, boiteux, laid et bien sûr, on ne remarque pas ces caractéristiques dans le film. Mais le physique de Ben Wishaw, imparfait, plat, se prête tout de même au personnage. L'acteur réussit à instaurer le côté froid, inhumain, dénué de sentiment et de vie de Grenouille, ainsi que son obsession pour les odeurs, et pour le parfum des jeunes filles en qui il ne voit que l'intêret de leur fragrance. Tout le long du film il ne quitte pas une seconde son personnage, dont la psychologie est assurée par la voie off et l'interprétation.


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    Quant aux autres acteurs... Rien à reprocher à Alan Rickman et Dustin Hoffman qui se prêtent avec assez de talents à leurs deux personnages. Sara Forestier n'a pas le temps de nous prouver quoi que ce soit avec son éphèmere apparition et Rachel Hurd-Wood, qu'on avait déjà remarqué dans Peter Pan offre son joli minois et sa candeur à Laure Richis : on n'en attendait pas moins, mais peut-être pas plus non plus.


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     Mais tous ces bons côtés n'empêchent pas le film de pêcher de certaines irrégularités. La grotesque scene de "partouze finale" en place publique et son interprétation ratée des acteurs et des figurants nous laissent malheureusement un gout amer concernant les superbes scenes des enfleurages et des meurtres ainsi que des plans magnifiques sur les deux jeunes filles rousses ou Jean-Baptiste Grenouille dans la première partie. Quant à la bande son ... elle ne consiste qu'en une piteuse et maladroite tentative où l'on se retrouve à avaler une masse effrayante de crescendos censés figurer le paroxysme de certaines scenes qui n'en deviennent que plus pauvres et insipides. On a tendance à rire jaune en essayant d'effacer ces erreurs de jugement dans les minutes qui suivent mais avant même d'y arriver on reste sur notre déception en avalant en quelques secondes le suicide version cannibalisme de rue de Jean-Baptiste Grenouille, maître de la fragrance parfaite, mais pauvre de sa propre odeur, et par conséquent de son identité.

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En bref

 On se doit de dire qu'il ne reste du Parfum, une fois la séance terminée, qu'un plutôt bon divertissement, adapté avec inspiration par moments, raté par d'autres, mais dont on garde peu de saveur une fois la séance terminée.                                                                 gauch_parfum

Les +

  • La première heure du film
  • Le premier meurtre et la jeune fille
  • Baldini
  • Ben Wishaw !!

Les -

  • L'ennui qui pointe dans la derniere demi-heure
  • La scene de partouze
  • L'eveque ( sans commentaires )
  • Le manque de saveur en seconde partie

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Posté par Palou à 00:00 - ♦ Films P Q R - Commentaires [2] - Permalien [#]



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