18 mars 2007
♦ La cité interdite

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La fiche
7,5 / 10
Spectacular, spectacular ...
Un film de ... Zhang Yimou
14 Mars 2007
Avec ... Gong Li, L'impératrice
Chow Yun-fat, L'empereur
Jay Chou, Le princr Jai
Li Man, Chan
etc ...
Synopsis ... Chine, Xème siècle, Dynastie Tang. L'empereur s'apprête à revenir dans la Cité Interdite après une longue absence. Son retour est le point de départ d'une longue série de réactions en chaîne. L'impératrice, qui entretient une liaison interdite avec son beau-fils découvre que son roi l'empoisonne chaque jour un peu plus en vue de la faire disparaître. Elle décide de décide de mettre en application un coup d’Etat échafaudé depuis des années avec les cartes qui lui sont données.
" What I do not give, you must never take by force." L'empereur
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Alors ?
Grandiose, bluffant, éblouissant de couleurs et de pureté saturée. Le dernier Yimou est un véritable kaléidoscope. Un terrifiant kaléidoscope, tant les couleurs sont nombreuses et le détail paufiné jusqu'à l'étouffement. Le ciel se fait rare, et voici un palais de couloirs en arcs-en ciels, en toiles, en feutres et en beauté sans cesse dans le vacillement. La cité Interdite de Gong Li ( 2046, Mémoires d'une Geisha ... ) et Chow Yun-fat ( Anna et le roi, Tigre et dragon ... )- impeccables - est un étouffement. De noblesse, de droiture et de rage. La violence est dans cette rudeté de l'image, dans la somptuosité des étoffes et la froideur des visages.

L'histoire, fictive, qui se déroule dans la période politique la plus chaotique de la dynastie Tang, n'est qu'un prétexte au visuel. Toujours. En effet, la synopsis avoue déjà tout du film : complots, trahisons, mort et haine, haine violente qui parcourt les veines, qui se déploie, s'étend, se saigne à blanc. Elle n'est pas révolutionnaire, cette histoire. Elle est simplement là, parfois trop lourde, parfois trop lente, faible, au final, en comparaison avec l'image percutante, grandiose. L'histoire. Elle sert l'éternelle tension des luttes, luttes des couleurs ( bataille ), lutte des personnages, qui implose parfois. Une fois exprimée la rage révolutionnaire et le désir de changement, elle s'efface, se "range", s'oublie.

Les acteurs la parcourent, la font vivre, du mieux qu'ils peuvent. Et cela reste magnifique, bien que distant par moment. Il n'est pas question ici d'attachement à certains protagonistes ou à une tragédie sous fond d'empire éclatant de soleil. Man cheng jin huang jin jia, ou La malédiction du chrysanthème est l'histoire d'une beauté qui s'éternise dans la glaciale réalité de la haine réprimée et qui éclate, somptueuse, immense. Champs de chrysanthèmes étouffés par de hautes murailles, perfection de Gong Li, de Jay Chou, de Chow Yun-Fat, dévoilée par de magnifiques plans fixes sur les visages encadrés de longs cheveux noirs.

La danse du film est millimitrée, orchestrée parfaitement, de lignes, de courbes, de feu et d'une musique lourde de sens. Bien sûr restent les classiques du genre, la lourdeur de certains clichés et plans moins inspirés, d'une histoire trop simple. Bien sûr, la scène de bataille semble parfois risible, comme dans ces plans lents sur le prince Jai, en demi-teinte. Mais si l'on sait apprécier le reste, La cité interdite demeure un film puissant de par sa beauté visuelle, poussé à l'extrême d'un esthétisme qui vous colle à la rétine. L'empereur, l'impératrice. La somptuosité d'un monde oublié, dont la beauté nous fascine encore, et revit parfois dans quelques films maitrisés. C'est le cas de cette fleur dorée donnée par Zhang Yimou.

Bien sûr, mieux vaut aimer le genre pour en apprécier toute sa valeur. A ceux qui ont peur de s'ennuyer rien qu'à la vue du sujet ou de la bande annonce, ce film reste à déconseiler même si l'on peut avoir de merveilleuses surprises en forçant parfois un peu sa nature. ;)
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En bref
Les +
- Les costumes
- Les décors
- Gong Li
- Chow Yun-Fat
- Jay Chou
- La musique
Les -
- L'histoire trop minces par moments
- Certains passages de la "bataille"
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En plus
16 février 2007
♦ A history of violence

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La fiche
3 / 10
Une histoire violemment plate ... ...
Un film de ... David Cronenberg
02 Novembre 2005
Avec ... Viggo Mortensen, Tom Stall
Maria Bello, Eddie Stall
Ed Harris, Carl Fogarty
William Hurt, Richie Cusack
etc ...
Synopsis ... Parce qu'au cours d'un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s'étale à la une de tous les médias. Un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d'avoir reconnu en Tom Joey Cusack, celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés. Tom aura beau nier, désormais, Fogarty et ses hommes le traquent.
" In this family, we do not solve problems by hitting people !
" Tom Stall
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Alors ?
Bienvenue au pays de la famille Stall, où tout le monde s'aime, se soutient, et se réconforte sur fond de sourires bananes à n'en plus finir. Le pays des bisounours. En mieux bien sûr. Car en Amérique, la mère de famille est blonde, svelte, et surtout, adore se déguiser en pompom girl pour satisfaire les désirs refoulés de son mari jadis boutonneux. Le frère ne râle jamais quand il est réveillé en pleine nuit par le cauchemar de sa jolie - et aussi blonde - mini poupée barbie de soeur alors qu'il a un test de maths le lendemain. Et evidemment, le père, en grand sage, fait profiter à sa fille d'un grand enseignement de la vie : faut pas avoir peur du noir, ma chérie. Les monstres, ça existe même pas en vrai pour de vrai. Si, si, je t'assure. Non vraiment, la famille Stall est heureuse. Chaque matin, le papa, la maman, le fils et la fille s'embrassent dans un grand élan d'affection et se souhaitent une bonne journée. Miroir d'un mensonge ? Certes. Mais tout cela reste bien mal démontré.

Cronenberg a du talent. En ça rien à redire. Il nous conconcte de superbes plans, ceux qui sont rares, ceux que l'on n'attend pas forcément mais qui attirent l'oeil à tous les coups. Sa façon de filmer reste judicieuse, originale, notamment dans des scènes comme celle de "l'escalier" - pour ceux qui auront vu le film. En dépit de cela, cette histoire de violence à de quoi faire bailler. Le suspens est quasi-inexistant et ne s'exprime que par quelques souffles légers : passé trois secondes il s'envole déjà. L'intêret, s'il est lancé, retombe bien vite, et surtout bien mal ! Tout semble brouillon. Le fait divers tend au cas particulier mais aucun des deux ne se trouve jamais creusé. Le personnage de Tom Stall, qui se voudrait double, est exploité d'une manière si peu subtile qu'elle ferait bien peine si viggo Mortensen ne sauvait pas le naufrage. Son histoire se résume en deux lignes. Pas plus, pas moins.

Pourtant il y avait matière à faire quelque chose d'intéressant, quelque chose de différent. Mais non, Cronenberg choisit la facilité. Une histoire de violence. C'est tout ce que nous aurons au menu. Et une histoire pas très fine qui plus est, qui ne parvient jamais à discuter par images de la violence et de ses nuances - en tout cas pour ma part. Le réalisateur s'englue des stéréotypes de la famille américaine parfaite et sans problème, des gentils, des méchants, du fils à papa tête de turc au lycée, et de la mère en pleine crise d'identité, espérant sans doute mettre tout ce petit univers au final très banal et gentillet en contraste avec sa prochaine déchéance.

Mais Cronenberg ne tient jamais cette promesse implicite. Aucune descente aux enfers de prévue. Seulement une petite visite de routine, pour faire un peu de ménage dans un passé qui dérange, et hop, le tour est joué : Papa Stall a tué ses vieux démons, il peut revenir prendre place à la table familiale, pardonné et aimé. Si cette scène est dans l'ensemble brillamment organisé et plutot bien vue, elle ne semble malheureusement que trop prévisible. Mise en relation avec tout le reste du film, elle est bien pire encore et ne livre au spectateur qu'une piètre conclusion mielleuse et baclée. Ou serait-ce tout le reste du film, exceptions mis à part ? ...
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En bref
A history of violence se résume en un mot : dommage. On aurait pardonné le pays des bisounours, on aurait pardonné, le trop blanc, le trop noir, l'enchaînement des événements coirréalistes, si seulement on avait eu droit à quelque chose d'intéressant au final. Malheureusement, il n'en est rien. Reste à se mettre sous la dent le talent de Mortensen, expressif au possible et toujours extremement juste, d'Ed Harris et de William Hurt qui offrent au film ses quelques moments de gloire.
Les +
- Viggo Mortensen, Ed Harris, William Hurt
- Certaines scènes
- L'idée de départ, malheureusement gâchée
Les -
- La jolie petite famille Américaine
- Les gros stéréotypes
- Le second degrès Kill Bill bien loupé
- Le gâchis
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31 janvier 2007
♦ Cashback

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La fiche
6 / 10
Du temps figé en une belle idée inachevée ...
Un film de ... Sean Ellis
17 Janvier 2007
Avec ... Sean Biggerstaff, Ben Willis
Emilia Fox, Sharon Pintey
Shaun Evans, Sean Higgins
Stuart Goodwin, Jenkins
etc ...
Synopsis ... Étudiant aux Beaux-Arts, Ben Willis se fait plaquer par sa petite amie Suzy. Insomniaque suite à cette rupture, il se met à travailler de nuit au supermarché du coin où son imaginaire vagabonde. L'art de Ben consiste à imaginer qu'il suspend le temps, ce qui lui permet d'apprécier la beauté du monde "en mode pause" et des êtres qui le peuplent.
"The bad news is the time flies. The good news is that you're the pilot" Ben Willis
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Alors ?
Le temps s'enfuit, et voici l'écoulement infini des jours qui nous traverse. Sans cesse, encore et encore. Pourtant, il arrive que quelques moments bercés de secondes s'échappent de ce flot continuel, pour nous paraître comme hors-temps, dans l'entre-deux d'un espace qui n'existe qu'à nos yeux. Et enfin parvenir, par le hasard d'une rencontre ou d'un émerveillement soudain, à s'extraire de nos vies réglées par le tic tac continuel des aiguilles. La beauté de l'infime nous apparaît alors plus claire, plus précise, comme mise en lumière.

Voila ce que frôle ce film, ce qu'il tente d'expliquer, ou du moins ce qu'il a la prétention de vouloir faire ressentir. Bien maladroitement, c'est vrai. Il y parvient parfois, touchant d'une image figée ce qui est sans mots. La beauté doit s'extraire du mouvement, alors Ben Willis apprivoise le temps en l'arrêtant. Tout simplement. Tout ceci n'est pas à prendre au premier degrè. C'est une forme d'autisme auquel on se laisse prendre, dans la douceur d'un moment bercé d'une illusion ambiante. Et cette évidence : il n'est pas nécessaire de lutter contre le flot du temps si on se laisse emporter par ses mumures.

Cashback réussit quelques réels moments de grâce un peu naïve, touchante, presque véridique. Mais malgré une photographie magnifique, et un personnage principal qui nous retient à ses gestes, en véritable ésthète aux imperfections sublimées par son amour des courbes du temps et des corps, Cashback ne réussit jamais entièrement son pari. Le film frôle une idée, un sentiment fragile que seul un véritable funambule de la caméra aurait su réellement capturer. Sean Ellis, à l'oeil visiblement aiguisé, manque encore de la maturité nécessaire à un tel projet. Son court était réussi et méritait sans aucun doute un long. Oui, c'est évident. Mais un long bien exploité dans ce cas. Certaines scènes, véritables rallonges artificielles, alourdissent un sujet qui aurait pu être véritablement maïtrisé et puissant. De même, l'humour adolescent, poussé au paroxysme du ridicule et du pathétique, ternit malheureusement la poésie des images, même s'il peut parfois faire rire.

Cashback amuse, plaît souvent, et heurte au coeur, parfois. Mais l'on aurait espéré bien plus encore. Restent de très bonnes idées et initiatives, comme ces flash-backs d'enfance, totalement intégrés à l'histoire par de magnifiques transitions, et un premier quart d'heure digne d'un grand film. Mais demeure au final, malgré toutes ces bonnes intentions, cette sorte de frustration qui vous fait dire : dommage, ça y était presque.
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En bref
Cashback reste un long dont on sent la réalisation trop précipitée, pas assez mûrie par son réalisateur et ses scénaristes, mais auquel on se doit de donner sa chance, pour le simple fait qu'il parvient, après dilution du temps, à faire ressentir un infime quelque chose, un rien qui vous attache le coeur, comme en souvenir de moments passés et naifs dont on a simplement apprécié l'instant figé, la beauté intemporelle.

Les +
- Sean Biggerstaff
- L'ésthétique de l'image
- La musique tout au long du film
- Le plaisir d'apprécier quelques coups de crayons
- Les retours en arrières et transitions
Les -
- Le film reste "facile" sans aller jusqu'au bout de son propos
- Les blagues d'ado boutonneux un peu lourdes au final
- Certaines scènes de rallonge inutiles
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En plus ...
Le court-métrage initial de 2004 en Vost,
et par ici, les 5 premières minutes du film offertes par le site officiel.
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13 janvier 2007
♦ Apocalypto

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La fiche
8,5 / 10
Problèmes de voisinage chez les sauvages ...
Un film de ... Mel Gibson
10 Janvier 2007
Avec ... Rudy Youngblood, Patte de Jaguar
Raoul Trujillo, Zero Loup
Dalia Hernandez, Sept
etc ...
Synopsis ... Jeune père porteur de grandes espérances, futur chef de son petit village, Jaguar Paw vit une existence idyllique brusquement perturbée par une violente invasion. Capturé et emmené lors d'un périlleux voyage à travers la jungle, il découvre un monde régi par la peur et l'oppression, dans lequel une fin déchirante l'attend inéluctablement.
"My name is Jaguar Paw. I am a hunter. This is my forest. and my sons will hunt it with their sons after I am gone." Jaguar Paw
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Alors ?
Après son très controversé calvaire du Christ, Mel Gibson reprend du service chez les Mayas. Et force est de constater que ce dernier film vaut le détour pour au moins un visionnage averti. Voici donc, si on croit la citation d'ouverture, un film sur la déchéance d'une civilisation, jusqu'à son apocalypse, de la destruction inévitable au recommencement. Pourtant, gibson n'aborde ce sujet que de façon détournée. Un peu trop d'ailleurs. Mais si la carence du peuple Maya n'est jamais dévoilée entièrement, elle reste suggérée par le personnage principal, jeune homme destiné aux sacrifices d'un peuple dont on connaît encore peu de choses.

Au fil de ce parcours atypique, entre meurtres sauvages, violence et quête désespérée d'une issue et d'un retour aux sources, un certain suspens s'installe, non pas haletant, mais presque hypnotique. Hypnotiques également la beauté des images et la reconstitution visuelle, toutes deux excellentes. Quant aux acteurs, inconnus jusqu'alors, ils sont tout simplement parfaits dans une interprétation pure, dénuée de toute sophistication. A cela s'ajoute l' excellent choix du Yucatan comme langue originale, nuance qui semble essentielle aux couleurs de ce film. Enfin, puisqu'on ne parle que d'elle, la violence, qui peut paraître excessive et brusque de prime abord, est maniée avec assez de talent pour nous amener à une peur viscérale et aiguisée, qui prend véritablement aux tripes et qui n'est au final, pas si choquante que cela.

On ne s'ennuie donc pas tout au long de ces deux heures et quelques quinze minutes de course effrénée, de la jungle hostile aux édifices Mayas. Malgré tout, manque à tout ceci un petit quelque chose d'indéfinissable mais qui porte préjudice à l'ensemble. Peut-être le sentiment que le réalisateur s'est perdu dans son propos de départ ( citation d'accroche ), pour nous offrir autre chose, qui reste certes intéressant, mais qui est aussi porteur d'une incohérence qui ne s'explique pas vraiment.
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En bref
Mel Gibson nous offre un bon film, preuve d'un travail certain et d'une qualité d'image réellement magnifique, qui ne lasse jamais d'hypnotiser jusqu'au coup final, superbe.

Les +
- La beauté de l'image
- Les acteurs
- Le rythme effréné de la poursuite
Les -
- La partie chez les Mayas
- Les "noms" peu recherchés ...
- La promesse faussée d'un sujet
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11 janvier 2007
♦ Babel

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La fiche
7,5 / 10
Au diapason des coeurs ...
Un film de ... Alejandro Gonzalez Inarritu
15 Novembre 2006
Avec ... Brad Pitt, Richard
Cate Blanchett, Susan
Gael Garcia Bernal, Santiago
Koji Yakusho, Yasujiro
etc ...
Synopsis ... En plein désert marocain, un coup de feu retentit soudain. Il va déclencher toute une série d’événements mêlant différentes personnes, quatre histoires. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d’isolement et de douleur...
" In the beginning, all the Lord's people for all parts of the world, spoke one language "
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Alors ?
Voici un film qui s'annonce déjà, de par son histoire, comme un hymne à la multiplicité des cultures, des langages, des gens, des vies ou des classes sociales. Un film qui se veut donc démembré en plusieurs pièces et qui, comme on en a l'habitude chez Innarritu, ne forment qu'un seul et même puzzle. Le discours est simplifié, la recette Inarrittu une fois de plus revisitée. Dommage de ne pas retrouver plus de nouveauté, mais après tout tant pis.

Voici ici une fresque humaine - bien que tronquée -, aux destins croisés et décousus. Fresque d'unité aussi, dans un éloge de la souffrance, au coeur de nos propres solitudes, profondes, silencieuces, ou assourdissantes. Comme cette jeune Japonaise, enfermée dans son monde, qui se cogne à des murs qu'elle voudrait démolir, sans pour autant se faire comprendre. Si loin, si proche pourtant de cette nounou mexicaine, exilée à ses racines, prenant soin de celles des autres. Pour une vie qui passe. Ou plutot des vies. Car tout s'emmêle, se croise, et tout est lié. Comme toujours. Alors on erre, quel que soit l'endroit, des fiestas mexicaines, aux déserts du Maroc, jusqu'aux rues engourdies par trop de lumières de Tokyo. C'est l'histoire de mondes qui se frôlent, ne se rencontrent jamais vraiment, emportant avec eux quelques vies toutes simples, comme en témoignages d'une réalité qui n'est pas si lointaine. Alors oui, il y a un peu de tout là-dedans. Parce que rien n'est simple, parce que la vie ce n'est pas qu'un thème qu'on aborde, parce qu'il n'y a pas de possibilité de revenir en arrière.

Alors le mieux est peut-être d'essayer de s'assoir cinq minutes sur un banc, fermer les yeux, écouter le silence et réaliser doucement, durant quelques secondes, que tous nous sommes là, oui nous, ces quelques six poussières de milliards d'êtres humains, à vivre nos vies. Simplement. Regardez ce film, sincèrement. Une jolie claque qu'on avait sûrement déjà prise, mais qui fait encore sourire à la deuxième volée.

19 octobre 2006
♦ Clara et moi

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La fiche
5,5 / 10
Clara et lui, et nous ...
Un film de ... Arnaud Viard
Juin 2004
Avec ... Julien Boisselier, Antoine
Julie Gayet, Clara
etc ...
Synopsis ... Trentenaire idéaliste, perpétuellement insatisfait, Antoine estime qu'il est temps pour lui de trouver l'amour et de fonder une famille. Son apparente aisance, la légéreté avec laquelle il semble prendre la vie et en discourir ne parviennent plus à cacher sa solitude. Et puis, Antoine rencontre Clara ... Dès lors ils ne se quitteront plus. Jusqu'à ce que la nouvelle de la séropositivité de Clara se mette en travers de leur histoire.
" J'aimerais pouvoir la croiser par hasard, et tout recommencer " Antoine
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Alors ?
Une comédie sentimentale de plus à classer dans le panel cinématographique de ce genre qui semble si cher à certains cinéastes, et dont les Français semblent vouloir se faire représentants... Une de plus, oui, avec ses atouts, ses lacunes, son charme et son ridicule. Car il y a de tout cela dans le premier film d'Arnaud Viard. Tout d'abord, on doit citer le charme d'une histoire, si simple, qui débute au hasard de quelques mots échangés par le biais du papier, dans une rame de métro où se croisent les anonymes. Antoine rencontre Clara. Un sourire, des regards timides, et quelques rires muets. C'est le point de départ d'une histoire qui s'écrit à quatre mains, avec la rapidité et la force d'une vie que l'on dévore à deux, et servie par deux acteurs dont l'interprétation ne laisse rien à redire. Le fraicheur de Julie Gayet, son charme un peu voilé, fragile, couronné d'un sourire timide et généreux, ne tarde pas à nous emporter avec elle, tandis que Julien Boisselier incarne à la perfection cet homme en quête d'idéal, qui se cache derrière des faux semblants et un certain cynisme, de peur que l'on ne constate les creux de sa vie, dessinée sur fond de solitude.

Les plans sont lumineux - magnifiques - et la réalisation très simple, peut-être trop d'ailleurs, tout dépendra des goûts de chacun. On peut trouver un certain intêret à ce choix par l'aspect et le sentiment de vie qu'il permet d'insuffler au film. On se sent plus proche des personnages, en véritables témoins d'un quotidien qui ne nous concerne finalement en rien, mais qui est touchant de par sa vérité. Pourtant on ne peut s'empêcher de constater que la réalisation musèle également le film, ne laissant pas de place à un quelconque paroxysme ou à la transition tranquille. C'est après tout, diront certains, le fait même de la vie que cette irrégularité qui se passe de scénario aux scènes prédéfinies, mais il n'empêche que le film s'en trouve parfois un peu trop linéaire, voire lassant. A titre d'exemple, la longue partie consacrée aux réflexions intérieures et cheminement personnel d'Antoine, qui n'étant pas non plus sans intêret parait extremement longue et un peu trop brouillone.
On regrettera la présence de certains personnages secondaires, qui font office de fioritures et paraissent bien lourds face à l'histoire principale, légère et agréable, même dans sa gravité, et à laquelle il aurait peut-être suffit de s'arrêter. Mais là encore, Viard dépeint le déroulement de la vie en elle-même à travers la présence des relations familiales, amicales ou amoureuses, alors...

L'intêret du film repose au final sur la question implicitement posée : comment réagir face à la maladie d'un être aimé ? Comment réagirions-nous, individuellement, face à la séropositivité de la personne qui compte le plus dans nos vies ? Antoine est l'illustration même de cette question. Idéaliste, la maladie bouscule les projets qu'ils fondaient pour lui et Clara, mais surtout pour lui en vérité. Antoine nie, refuse, s'échappe. Et si cette fuite est d'abord perçue comme égoiste, voire dégueulasse, on finit par y réfléchir et par la comprendre. Vient ensuite la longue remise en question du personnage face à cette simple vérité : les mots peuvent nier, mais les sentiments persistent, alors que faire ?

Cet aspect du film trouve son achévement dans la scène finale, arrivée là on ne sait trop comment, et introduite de façon brutale par un enchaînement quasi inexistant. Le film qui s'essouflait dans les dernières minutes dispose donc d'un dialogue très court en guise de point final entre les protagonistes qui nous laissent démunis face à un générique qui arrive bien trop vite.. Zut alors, on commençait à y croire nous...
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En bref
Clara et moi est un film à voir, de par son duo d'acteurs et leur
interprétation d'une histoire simple et touchante, composée de petits
riens et de sourires, que même la lourdeur de certains aspects
scénaristiques ne parvient pas à effacer. Un joli film, un peu
brouillon, mais intéressant.

Les +
- La légereté de Julie Gayet
- La luminosité et la clarté des plans
- Le jeu de chifoumi dans le métro
- Le duo principal
Les -
- La mise en place du dénouement
- La linéarité du film
- Les seconds rôles trop lourds
- Le manque de force
- La scène "musicale" sur les berges du fleuve
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